Eclairer le jeu

 

Au fil de ce blog, nous essayons de définir ce jeu, d’en souligner les tenants et les aboutissants.

Nous retenons deux définitions:

  • « El fútbol juego, según un tomo 1961 guardado en el deposito de una biblioteca, disputar la posesión del balón para la búsqueda del gol. »(disputer la possession du ballon en vue de rechercher le but.)
  • « Pris-pris ballon ayant pour objectif de mettre le ballon dans le but. » voir l’article Les principes du jeu.

Mais voilà, nous avons en face de nous des enfants !! Comment à travers la pratique leurs donner la meilleur compréhension de ce jeu ? Comment garder dans les séances la nature complexe de la réalité du jeu tout en élaborant un cheminement allant du moins complexe ( mais sans l’annihiler) au plus complexe ? Seul moyen de préserver et respecter le développement naturel de l’enfant.

Par complexité, nous entendons la lecture et l’action à l’intérieur de situations changeantes et non répétitives.

On pourrait m’objecter au contraire qu’il existe de nombreuses situations de jeux qui se répètent : Les six mètres, les touches, les coup-francs, les corners, les mises en jeu en général. On oublie déjà la notion du temps et des enjeux. Tous les 6 mètres ne se ressemblent pas lors d’un match en fonction du score et des enjeux du match, de l’intensité mis par l’adversaire pour la récupération du ballon…Ensuite, si on s’approche un peu plus du déroulement, une passe mal dosée, excentrée, un contrôle orienté dans la mauvaise direction, vont influer directement sur la situation de jeu.

Un parcours avec des plots est un jeu à complexité faible, il peut être compliqué mais très peu complexe, l’enfant rencontrera peu souvent cette même  situation lors d’un match. On n’a jamais vu des plots installés sur un terrain de football ! Ces types d’exercices semblent confondre les conséquences avec les causes.

Il nous semble important de développer la lecture et la réaction de situations, plus que l’automatisation de gestes. Il se détache alors 3 compétences : lecture, décision et action.

L’extrême difficulté est que ces trois compétences sont incluses l’une dans l’autre avec un effet de circularité permanente. L’inclusion de ces trois compétences s’appelle : la réactivité.

  • La première compétence peut se développer à l’intérieur d’exercices de mise en situation et également lors des feed-back. Comme toute lecture, le commentaire (il peut être verbal ou écrit) est une étape primordiale pour construire la compréhension. Favoriser les échanges entre les joueurs et l’entraîneur. Enfin, il est évident que la lecture nécessite de l’observation, une volonté accrue de recherche de prise d’informations.
  • La troisième compétence peut se développer lors d’exercices de type pris-pris, des jeux de course multi-directionnel, des jeux dont les objectifs changent lors de son déroulement : changement de buts, changement des joueurs associés, changement du ballon à jouer….
  • La deuxième compétence touche au fondement du comportement humain. Prendre ses responsabilités : décider, à savoir choisir un possible entre les multiples possibilités qui s’ouvrent  à soi. Cette compétence se construit à l’intérieur de l’ensemble du processus d’entraînement.

La prise de décision est dépendante de la confiance.

On peut illustrer ce propos par l’observation suivante : les joueurs les plus efficaces devant le but sont les joueurs ayant une grande confiance en leur capacité. L’air décisionnel optimal est ici la surface de réparation. Dans le jargon footballistique, on la nomme la zone décisive ! Il n’y a plus de temps pour les tergiversations. L’exemple le plus symbolique est Cristiano Ronaldo, joueur du Real Madrid. Parfois, la confiance en soi peut friser avec la prétention.

Le principe de confiance se décline en trois niveau : la confiance en soi, se sentir capable de; la confiance en ses équipiers , (exemple, il arrive souvent que des enfants refusent de faire les efforts de démarquage car ils jugent que le coéquipier en question ne lui fera pas la passe) et enfin la confiance en l’entraîneur, le détenteur et le promoteur du projet de jeu.

Voilà posées les trois compétences induites du joueur : la lecture, la décision et l’action.

Pour finir, on pourra noter que la majorité des entraînements  se concentre surtout sur la dernière compétence : l’action ou le geste. L’apport de Horst Wein est d’avoir recentré l’apprentissage du football et du sport collectif en général sur les deux premières compétences qu’il réunira sur le thème suivant : les compétences cognitives du jeu.

 

 

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