Remise en jeu.

 

C’est l’histoire d’un petit garçon qui commence le foot, et à qui la grand mère offre sa première paire de chaussures.

Depuis des jours et des nuits il les rêvent. Alors,il s’évertue à réaliser des dribbles fous et incompréhensibles, des passes fulgurantes qui traversent les adversaires et qui envoient un de ses coéquipier seul face au gardien. Lui, ses chaussures, son football. Plus les jours avancent avant son premier entraînement et plus son imagination le dépasse. Parce qu’il sait, lui, que son football se passe avant tout dans sa tête!

Le jour J arrive et la convocation envoyée via sms par l’entraîneur quelques heures avant le début de l’entraînement dit ceci:

Prière de se munir : d’une tenue de sport et d’une paire de baskets (pour la course).

Quoi?

Une paire de baskets?

Pour la course??

Mais, et mes chaussures de foot que ma grand mère m’a offertes (certes en solde. crise oblige!) cet été???

Les heures qui passent avant l’heure du rendez-vous sont interminables. Plus longues que toutes les nuits de toutes ses vacances lorsqu’accompagné de ses chaussures son football se faisait de plus en plus lumineux. En fermant la porte de la maison, il regarde une dernière fois ses chaussures. Son plus merveilleux coéquipier. Et c’est affublé de ses « basketspourlacourse » qu’il se rend à son premier entraînement laissant derrière lui: ses chaussures, son football, Lui.

Longtemps le football n’a pas eu de préparation propre.
On faisait comme dans les autres sports et on s’est tourné vers l’athlétisme.
Et il n’est pas anodin que ce fût un ancien spécialiste de l’athlétisme qui, de façon novatrice, commença a s’interroger sur une préparation footballistique propre. Francisco Paco Serul Lo est un des premiers (et certainement un des plus influant acteur de ce football, avec le portugais Vitor Frade) à comprendre que
les sports collectifs sont autre chose. Quantifier uniquement ne suffit pas car nous parlons de groupe de personnes interconnectées entres-elles en relation avec un ballon, un rival et avec ses propres coéquipiers. Le football compris comme un processus hollistique et non linéaire dans lequel les interactions, les situations, les contextes et les émotions qui apparaissent dans le jeu transforment et génèrent de nouvelles réalités.

Dès lors, plus de course à pied mais dès les premiers entraînements des jeux que l’on appelle Toro, jeux de positions, matchs réduits…dans lesquels de façon réduites apparaissent ensemble toutes les facettes (motrice, cognitive, affective, athlétique…) du football.

C’est pourquoi à l’heure de la reprise et quand se forme la réflexion de l’entraîneur, face à la meilleur façon de remettre  les joueurs en jeu, n’oublions pas de leur envoyer le message suivant:

Prière de se munir de ses chaussures de football!

PS: pour poursuivre la reflexion:

http://www.motricidadhumana.com

https://www.letemps.ch/sport/2017/02/20/francisco-paco-seirullo-maitre-inconnu-barca

Inspiré de l’article paru dans la revu Tactical Room: EL FÚTBOL, METODOLOGÍA DEL SIGLO XXI  –  Ricardo Zazo

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